Ok, on interdit le glyphosate...Et après ?

Au milieu de toute cette agitation concernant le report de l’Europe à l’arrêt du glyphosate, et à ce que cela implique pour les décisions de la France (autrement dit, se la jouer solo face aux instances européennes et aux lobbyings du monde agricole), une seule question pour moi importe : quelles alternatives existe-t-il aujourd’hui face à l’utilisation des herbicides ?

 

C’est un article publié dans le journal Le Monde cette semaine qui nous donne quelques informations à retenir sur le sujet.

 

Des alternatives manuelles et mécaniques

 

Les techniques manuelles et mécaniques existent depuis longtemps mais ont bien sur un coût, que ce soit en termes de temps ou d’argent. A un agriculteur qui a toujours utilisé le glyphosate dans ses champs, impossible aujourd’hui de lui demander de revenir en arrière, avec pour seule excuse des problèmes de santé publique et de sols, sans leur proposer de solutions de remplacement.  Des solutions, pour des exploitations de toutes les échelles, il en existe peu. Le paillage (le recouvrement du sol par du matériel végétal) marche plutôt bien : une fois la matière végétale dégradée, l’humus produit permet également de fertiliser les sols. D’autres méthodes naturelles existeraient, comme l’eau bouillante ou le gros sel. Même si ces méthodes sont réalisables, il est indéniable qu’abandonner le glyphosate serait synonyme pour les agriculteurs d’une dépense d’énergie conséquente à un accroissement de travail et de difficultés supplémentaires pour certains types de sols, et en particulier pour de grandes surface d'exploitations.

 

Osmobio, un désherbant naturel qui a fait ses preuves, mais qui n’est toujours pas sur le marché

 

Jacques Le Verger, fondateur de l’entreprise Osmobio depuis 1999, diplômé d’agronomie et de biologie végétale, travaille sur des alternatives aux pesticides et produits chimiques en utilisant des produits naturels et respectueux de l’environnement. Son entreprise est en capacité aujourd’hui de proposer une gamme d’une soixantaine de produits élaborés avec des principes actifs végétaux. Il ne lui manque qu’une étape pour vendre son produit phare constituant une alternative au glyphosate : une autorisation de mise sur le marché. Un blocage administratif qui dure depuis un peu plus de deux ans maintenant, mais qui, une fois résolue, semblerait être une solution prometteuse.

 

Un processus de préparation et de sensibilisation en amont

 

De mon point de vue, et de la même façon que pour la problématique des quotas pour la canne à Sucre à la Réunion, un des gros problèmes en agriculture de façon générale est que des décisions réglementaires et/ou gouvernementales sont prises sans aucune préparation ou sensibilisation en amont auprès des agriculteurs afin d’amorcer avec eux une phase transitoire. Actuellement, des décisions sont prises par les instances et les agriculteurs doivent par eux-mêmes trouver des solutions pour respecter les nouvelles normes et réglementations mises en place, parfois sans aucune aide financière. Loin de défendre l’utilisation du glyphosate ou des pesticides en général, il est important de ne pas condamner l’agriculteur qui utilise certains produits chimiques afin de rentabiliser son exploitation autant que possible, mais de réfléchir et de travailler à des solutions pour les aider afin qu’ils puissent traverser ces changements tout en continuant à rentabiliser leurs activités.

 

Références :

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